Gustave VUILLAUME
(mon arrière-arrière grand-père)

- Né le: 27 mars 1833 à: Saint-Claude (Jura)
- Prénoms: Gustave Joseph
- Fils de : Jean-Baptiste
Vuillaumé et de : Jeanne Francoise Henriette Gasparine Colin
- Profession: professeur de physique
- Domicile: 54, faubourg de France
- Confession: catholique
- Décédé le: 31 janvier 1894 à: Belfort
- Marié le: 1er septembre 1863 à Belfort avec : Justine Louise Hyvernat, fille de Benoît Hyvernat, vétérinaire, et Catherine Mata.
- Enfants: plusieurs


- Maire de mai 1893 à janvier 1894

- Motif de cessation : décès

- Autres fonctions: conseiller municipal (1881 et 1892), adjoint au maire (1881-1884 et 1893)


1893-1894, une période à marquer d'une pierre noire dans la longue histoire des maires de Belfort: 14 avril 1893, décès d'Adolphe Metz-Juteau, après 11 mois de mandat; 31 janvier 1894, décés de Gustave Vuillaumé après 8 mois de mandat.

Gustave Vuillaumé est né à Saint-Claude dans le Jura le 27 mars 1833. Il effectue ses études secondaires à Arc-les-Gray, où ses parents se sont installés. Après son baccalauréat, obtenu en 1852, il opte pour une carrière d'enseignant, d'abord en tant que répétiteur au lycée de Colmar (1852-1858), puis comme professeur au collège de Belfort (1858-1873).

La guerre de 1870-1871 interrompt les cours. Professeurs et élèves font courageusement leur devoir durant le siège. Les combats cessent le 13 février 1871 et les classes reprennent quelques semaines plus tard, à la rentrée de Pâques, mais le changement est considérable: Belfort et son territoire ayant été séparés du Haut-Rhin, les meilleurs élèves du collège n'ont plus accès au Iycée de Colmar. Il faut un Iycée à Belfort, d'autant plus que de nombreux jeunes Alsaciens souhaitent venir faire leurs études en France.

Les démarches faites en ce sens aboutissent et, le 5 novembre 1873, un Iycée tout neuf ouvre ses portes, sur la colline de Bellevue. Le collège disparaît. Quelques professeurs passent d'un établissement à l'autre, assurant la continuité de l'enseignement; parmi eux, Gustave Yuillaumé, professeur de physique-chimie et histoire naturelle. C'est un pédagogue de valeur, comme en témoigne l'un de ses élèves au moment de sa mort :

"Toujours il s'est montré affable, consciencieux, instruit. Ses nombreux élèves se rappelleront la simplicité, la netteté, la précision de ses lecons. Il savait s'abaisser au niveau des jeunes intelligences, il savait que l'art difficile d'élever des enfants est surtout une œuvre de sympathie."

Républicain sincère et modéré, ferme dans ses convictions, courtois, impartial dans ses Jugements, au calme légendaire, il compte de nombreux amis à Belfort. Il ne se prête à aucune compromission, le contraste est frappant avec Charles Schneider son successeur.

En 1881, lorsqu'il entre pour la première fois au conseil municipal, il est élu immédiatement premier adjoint, responsabilité qu'il retrouve en 1892, avant de s'asseoir, bien malgré lui, dans le fauteuil de maire à la mort de son ami Adolphe Metz-Jumeau.

Durant son bref mandat, il n'a guère le temps de lancer des projets originaux et d'envergure. Il se consacre tout entier au démarrage de la construction du nouvel hôpital civil. Ce projet, qu'il a suivi dès son élaboration, en tant qu'administrateur de l'ancien hôpital de la rue Roussel, lui tient particulièrement à cœur. Son rêve le plus cher est d'en poser la première pierre. La mort l'en empêchera.

Il reprend un autre dossier, pour lequel Belfort a pris un retard considérable, celui du téléphone. Il a parfaitement saisi l'importance de ce nouveau moyen de communication et tient à voir sa ville rapidement équipée. L'été 1893 ayant été particulièrement sec, peut-être la saison estivale la plus sèche du siècle, I'eau potable a dû être rationnée à Belfort. Aussi Gustave Vuillaumé envisage-t-il de créer un vaste réservoir d'eau à proximité immédiate de la ville.

Tous ces beaux projets, il ne peut les mener à bien. Il meurt le 31 janvier 1894, emporté par une pneumonie infectieuse et regretté de tous. Il a des obsèques religieuses et est inhumé au cimetière de Brasse. Sur tout le parcours du convoi mortuaire, les becs de gaz sont allumés et voilés de crêpe.




Par Christophe GRUDLER (extrait de l'ouvrage "Les Maires de Belfort"). Avec mes remerciements à la mairie de Belfort qui m'a transmis grâcieusement une photocopie des pages concernant Gustave.




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